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Pépite en dystopie : corps et identités en pleine apocalypse

J’avais si hâte de tester la première traduction chez Conséquences que j’ai précommandé l’ouvrage en regardant à peine les thèmes abordés et en me disant « mouai, encore une dystopie… avec un genre de virus en plus.». Et puis j’ai commencé à lire, et dès les premières pages, grosse claque. Alerte. Pépite !

Le protagoniste est parfaitement attachant. Courageux, en pleine transformation physique forcée (en ange de la mort yuuuuuuh) en plus du traumatisme du traitement de ses proches et de leur mégenre. Et d’un deuil face à la mort violente de son seul allié.

Sa transition a lui est peu abordée face à ce virus dystopique qui s’attaque à son corps. Oui, c’est un jeune homme trans, et ce n’est pas la seule représentation du récit : il est recueillit par les membres d’un centre centre d’accueil queer qui résiste au pouvoir en place. On a aussi un personnage secondaire et point de vue autiste que j’ai adoré pour le pilier de communauté qu’il crée.

Sur l’univers, il faut aimer les touches de gore glissées par-ci par-là « comme si de rien n’était ». TW en tout genre. Mais le plus terrifiant, c’est « l’Eglise » au pouvoir, l’obscurantisme, le lavage de cerveau, les mythes, le contrôle des esprits et des corps, les maltraitances, la cruauté des survivants. On est aux États-Unis mais on est n’importe où. Une religion, une secte, un parti politique… c’est une dystopie mais c’est aussi notre présent.

Et puis, c’est dans l’ère du temps. Je plaisante… ou pas. Il ne faut pas stopper la « sensibilisation » face à l’invisibilisation et les menaces d’extrémisme actuelles…on parle de jeunes queer, on parle de transidentité, d’acceptation par la famille et la société.

L’argument est poussé à l’extrême – on est dans un récit d’imaginaire – avec une dystopie sur l’emprise religieuse. Mais franchement, la métaphore ne va pas si loin, le parallèle avec aujourd’hui est terrifiant.

Le style est abrupte, cynique, souvent fun mais fin. Les personnages nous montrent différents angles du monde apocalyptique qui les entourent. Et toujours avec une tonne d’espoir.

Bonus, c’est un vrai Page Turner. Je vois des critiques qui parlent de longueurs sur l’action – mais les trames parallèles, les références à l’évangélisme actuel, aux discriminations des identités queers… tout ça garde en haleine sur des trames parallèles. Bon et le body horror, c’est très visuel, faut respirer entre chaque découpe.

Autre bonus : y’a une romance toute chou.

Image : Nous Sommes L’Apocalypse par Andrew Joseph White

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